Jamais je ne donne de conseils afin de laisser à chacun le choix de ses actes et l’exercice de ses responsabilités. Mais je me plais à donner des avis. Surtout quand on ne me les demande pas. Chacun en fait ce qu’il veut.

En écoutant les discours teintés d’écologie, il me vient souvent à l’esprit que la complexité de la machinerie thermodynamique de la terre appelle à la circonspection, au travail et à l’humilité. Il faut être savant avant de prétendre y changer quelque chose.

Voici ce que je crois en avoir perçu.

Comme bien d’autres corps astraux notre planète est née par accrétion autour d’un noyau dont on ne connaît ni la masse initiale, ni la composition, ni l’état, ni l’énergie cinétique, ni l’énergie interne. Des collisions successives avec d’autres éléments de tailles et de natures diverses, astéroïdes, comètes, déchets épars, ont nourri l’astre en cours de développement ou lui ont arraché des fragments. Gigantesques ou petits, des chocs plus ou moins cataclysmiques ont changé la masse, le niveau d’énergie cinétique, électrique, le magnétisme, les pressions, les contraintes mécaniques ou tectoniques, le volcanisme, la radioactivité…

 

La terre a finalement pris la contexture et la forme encore évolutive que d’ailleurs nous connaissons plus ou mois bien aujourd’hui.

La chaleur interne est entretenue par la radioactivité naturelle et échangée entre les divers éléments et avec le cosmos selon leur nature et selon que les contacts sont immédiats ou indirects.

Les convections du magma, plus ou moins profondes, provoquent des transferts de chaleur, induisent des subductions, chevauchements et chocs de la tectonique des plaques et le volcanisme associé.

Tous ces échanges et soubresauts ne sont ni isomorphes, ni isothermes, ni isentropiques, ni isochrones, ni isotropes.

Sans bien le réaliser nous vivons sur une chaudière nucléaire, confinée par la lithosphère et dont les réactions sont produites ou modérées par tous les éléments constitutifs du magma. Toute la classification de Mendeleïev y est partie prenante. Ne le dîtes pas aux écologistes, ils proposeraient « d’éteindre tout ça ! »

Notre globe n’est pas un système isolé. Il est le siège, la source et le réceptacle d’échanges calorifiques multi latéraux, d’une grande variété et d’une surprenante complexité physique :

• Au sein même du magma par des courants de convexion notamment entre le magma profond et le magma en contact avec la lithosphère ;

• Entre le magma et la lithosphère ;

• Entre la lithosphère et l’atmosphère ;

• Entre la lithosphère et le fond des mers et océans ;

• Au sein de l’atmosphère soumise aux lois aléatoires de la météorologie et notamment aux grands courants d’air de haute altitude ;

• Au sein des océans par des courants de convexion profonds et de surface soumis à ce que l’on pourrait appeler les lois de la météorologie intra marine ;

• Entre l’atmosphère et les océans ;

• Entre l’atmosphère (dont la transparence varie selon sa composition et la longueur d’onde des rayonnements) et le cosmos nocturne et diurne et vice versa ;

• Entre les océans et le cosmos nocturne et diurne et vice versa


• L’eau elle-même fait des échanges entre d’énergie notamment par les hangement de ses différents états physiques (Liquide, solide, gazeux) ;

• …

On se polarise sur le l’état thermique et le réchauffement de l’atmosphère alors que dans le même temps la physique se plaît à transformer toute forme d’énergie en toute autre.

(Mécanique, cinétique, potentielle, rayonnement, électrique, magnétique, vaporisation, liquéfaction, congélation, chimique, biologique,…)

Bref ! Les comptables et les douaniers de l’énergie se perdent dans leurs comptes. Et nulle cour des comptes n’est patentée pour dire le vrai.

Les amblyopes qui nous gouvernent soufflent le chaud et oublient qu’il existe le froid.

Pourtant la terre a gardé le souvenir d’ères glacières qui seraient venues, certes d’accidents cosmiques ou de la tectonique terrestre, mais aussi des variations de l’activité du soleil et de l’ensemble du rayonnement cosmique.
On sait que des ères glacières peuvent durer cent mille ans et que les périodes interglaciaires sont plus courtes, de l’ordre de mille ans.

Il faut certes s’intéresser au carbone que nous exhumons pour nous déplacer et nous chauffer. Mais il faudrait peut-être aussi penser à ce que nous pourrions faire si, par malheur, l’humanité était condamnée à mourir de froid durant une ère glaciaire.

Mais demain sera un autre jour. La science doit oublier les élections primaires. Et tranquillement laisser passer les secondaires, qui échauffent l’atmosphère.

Pierre Auguste
Le 8 février 2016