Editos

Le blog de Pierre Auguste

Palabres sous l'arbre de la connaissance 6-La morale

 

En nos temps d’indiscipline, la morale est une discipline de vie élastique et toute relative. En nos temps d’errances de l’enseignement, la morale est une discipline à programmer. Sans domicile fixe, tantôt elle se loge avec la philosophie, tantôt elle cohabite avec l’instruction civique, tantôt elle est oubliée car on ne sait plus où la mettre, ni qui la doit enseigner.

En nos temps d’intelligence, libertaire et libertine, chacun a sa morale, individuelle et portative, qu’il enseigne volontiers à autrui mais se garde d’appliquer.

En nos temps nihilistes, la Morale n’existe pas et n’est pas enseignable. Et la morale publique est partie à vau-l’eau et à vau-le vent.

Il y aura bientôt zéro virgule huit siècle que j’ai reçu ma première leçon de morale d’un instituteur qui n’était pas un apôtre du laisser aller. Il en avait écrit le texte au tableau noir qui commençait ainsi : « Un jour j’ai jeté une croûte. Mon père est allé la ramasser. » C’était un appel au respect du pain, du travail, des métiers, des champs cultivés. En bref, au respect des hommes.

Lire la suite...

 

Palabres sous l'arbre de la connaissance. 5-L'Histoire

 

L’Histoire est sans doute l’un des secteurs du savoir humain les plus foisonnants et suscitent le plus de doutes, de controverses, de renouvellements.

Faut-il s’en étonner ? L’Histoire est un univers en expansion. Omnidirectionnelle, elle est ouverte à tout, dans le temps, en son amont et en son aval par les travaux des historiens, des archéologues, des anthropologues, des généticiens, des géologues…

Rien n’est plus difficile à appréhender que l’histoire. La vie se déroule partout en même temps. Chacun en est un témoin, mais partiel et temporaire. Nul ne peut la percevoir ni la rapporter en son ensemble.

Les historiens ne se fient qu’aux écrits fiables, aux témoins dignes de foi, aux indices matériels dûment avérés. Et c’est déjà là une immense tâche car les obédiences, les intérêts personnels, les doctrines, les faux semblants, les méfiances, les désirs de nuire, se liguent pour travestir les faits, à la source, en amont de l’écriture, et pour s’adonner au révisionnisme en sont aval.

Lire la suite...

 

Palabres sous l'arbre de la connaissance. 4-Éloge de l'Inutile Savoir

 

 

Si l’on organisait un concours pour désigner celui qui a appris le plus de choses inutiles, je me présenterais avec la certitude de décrocher la palme.

Rassurez vous, je ne ferai ici ni l’inventaire de mes diplômes, ni la table des matières de mes lectures, ni la liste des enseignements reçus de la vie et des êtres que j’ai rencontrés, ni l’énumération des leçons que j’ai cru donner.

Sachez toutefois que mes cursus scolaires et professionnels ont été imbriqués et tortueux, que mes curiosités personnelles ont été changeantes mais opiniâtres, que le tout fut à la fois improvisé et prémédité, aléatoire et organisé, lacunaire et éclectique.

Comme bien d’autres écoliers je ne faisais pas de fautes sur « les mots d’usage », je savais accorder le participe passé, et je rédigeais « en style correct mais avec peu d’idées ». Je connaissais les tables arithmétiques. Je faisais sans faute les quatre opérations et la règle de trois. Je savais calculer la masse d’un parallélépipède de tel métal pour peu qu’on m’en fît d’abord calculer les trois dimensions et sans même qu’on m’en donnât la masse volumique qu’on appelait alors la densité.

Je m’insurgeais du sort réservé par les Romains à Vercingétorix, je vibrais au son du cor de Roland, je ferraillais avec Jean Le Bon aux côtés de Philippe le Hardi. Nonobstant quelques exceptions, je trouvais fort convenables les lignées de nos rois, de leurs ministres, de nos scientifiques, des auteurs de nos dictées, récitations et lectures.

Lire la suite...

 

Palabres sous l'arbre de la connaissance. 3- La fiction du prêt à l'emploi

 

En un peu plus d’un siècle, la société française a été marquée par une formidable mutation. Deux guerres mondiales, la colonisation-décolonisation, l’industrialisation de l’économie, l’exode rural, l’expansion urbaine, le progrès technique, la naissance de l’organisation européenne ont montré notre aptitude au changement.

Depuis quelques années le monde entier subit une autre marée de bouleversements. La croissance démographique, la mondialisation, l’instabilité ou l’agressivité de certains états post coloniaux et/ou post totalitaires, les conflits ethniques ou religieux, les migrations massives qui en résultent, mettent à rude épreuve notre résilience. Ii est d’ailleurs significatif que cette notion, toute mécanique, soit utilisée pour conjurer la fragilité ressentie de notre organisation sociale et de notre moral.

C’est sans doute l’occasion de nous remémorer la phrase célèbre selon laquelle : « Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. » Tout mécanicien sait qu’une mécanique devient supérieure par le nombre, par la juste masse, par la vitesse, par la complexité, par l’humanisation, notamment pour un bon couplage entre machine et opérateur humain.

Lire la suite...

 

Palabres sous l'arbre de la connaissance. 2- La culture du corps humain

 

Je vais vous faire deux confidences.

• Les débatteurs et les débatteuses qui nous appellent à voter pour leurs fondamentaux me semblent un peu étroits de l’os frontal ce qui nuit à leur largeur de vue.

• Moi qui suis un musculaire, j’ai toujours pris du plaisir à bousculer les purs esprits. 

Il en est qui sont enfermés en leur carcasse comme dans une armure leur interdisant de se gratter l’oreille gauche avec la main droite et qui poussent des cris d’horreur quand ils assistent à un numéro de contorsionniste.

Les fans de Juvénal classent « un esprit sain dans un corps sain » au rang des merveilles de la nature. Ils savent que la culture du corps humain ne se limite pas au culturisme et que la gonflette fabrique des musculatures qui ne sont pas toujours très esthétiques. Notre machinerie est capable de performances et de prouesses qui forcent l’admiration.

Lire la suite...

 

Palabres sous l'arbre de la connaissance. 1-La Langue Nationale

 

L’esprit religieux a voulu qu’une âme en vaille une autre. La morale a voulu qu’une vie en vaille une autre. Le politiquement correct voudrait maintenant qu’une intelligence en vaille une autre. Laissons la paternité de ces affirmations aux amateurs de métaphysique et aux doctrinaires. Examinons les réalités de la vie, en physiciens positivistes.

Le quinquennat scolaire et universitaire n’est pas encore fini. Nous voici repartis dans les palabres académiques des élections primaires. Nous ne sommes pas encore sortis de la gamberge. L’arbre de la connaissance est toujours plus branchu et, à l’inverse de l’amour de la mère, tous n’en ont pas leur part, personne ne l’a tout entier.

Les discussions réitérées et les querelles récidivantes laissent en suspens la question de savoir quelles doivent être la répartition et la concaténation des missions et des tâches dans le vaste système évolutif en charge de ce qu’autrefois on nommait Instruction Publique. Aujourd’hui les frontons et documents officiels affichent l’appellation d’Éducation Nationale, Enseignement et Recherche, que les utilitaristes nommeraient plutôt formation et préparation à l’emploi.

Lire la suite...

 

La Grande Marche des Déambulateurs

 

Tous ensemble, ouais ! De Nation à République, marchons pour la vieillesse.

Vieux, nous le sommes, ou tous le deviendrons.

Oui, vieux camarade ! Vieux, tu l’es déjà. Toi l’aîné, le vioque, le vieux débris. Tu sucres les fraises. Tu te décatis de jour en jour. Tu es monté en grade dans la pyramide des âges. Tu y seras bientôt cinquième dan.

Tu vas devoir t’habituer à la dualité du discours bien-disant du politiquement correct et du vocabulaire décapant qui révèle l’esprit réel de la société. Le politicien « en campagne » te parlera gentiment de ta longue vie de labeur et de ta retraite bien méritée, cependant que le politicien « en responsabilité » guignera ce que tu auras économisé « pour tes vieux jours ».

Certains rêvent d’octroyer un droit au revenu universel. Des économistes ont découvert et s’étonnent que ton revenu en fin de parcours soit plus élevé que celui des pauvres et de ceux qui commencent à travailler aujourd’hui. Pour dispenser la richesse « ab ovo », il va falloir abonder par milliards les budgets de la générosité. Même si ton magot, « abondé » sous à sous, est modeste, prépare-toi à avoir des « sucis ».

Lire la suite...

 
<< Début < Préc 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>

Page 1 de 97
Accessibilité
Increase Font Size Option 5 Reset Font Size Option 5 Decrease Font Size Option 5
Visiteurs
349 Visiteurs connectés